Et maintenant, place au vélo de fonction

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L’entreprise lilloise Azfalte incite les entreprises à en louer pour leurs salariés, en insistant sur les aspects environnementaux et économiques.

CE CHIFFRE l’irrite : «40 % des trajets quotidiens effectués en voiture font moins de 3 km », rappelle Jean-François Dhinaux, fondateur d’Azfalte, acteur européen du vélo de fonction, allié depuis un an au finlandais Vapaus. Depuis six ans, ce chef d’entreprise de 52 ans incite les entreprises à «placer le vélo sur le problème des déplacements » de leurs salariés car, plaide-t-il, «si on change l’outil de transport pour le trajet domicile-travail, cela impacte tout le quotidien : aller à l’école des enfants, acheter le pain… ». Sans compter qu’avec les VAE, vélos à assistance électrique, cet outil n’est plus réservé qu’aux sportifs. L’entreprise qui choisit d’équiper ses salariés a plusieurs solutions. Quand elle opte pour le vélo attribué, les bénéficiaires ont ainsi le leur, pour un usage professionnel et personnel. Selon ce que l’employeur accepte de prendre en charge pour des modèles de VAE à partir de 2 000 € environ, la facture globale pour le collaborateur se situe aux environs des 100 € par mois, assurance et entretien compris. Ce vélo de fonction peut aussi être posé à la place ou en complément du pass transport ou du forfait mobilités durables. Rien n’empêche non plus de le combiner avec une voiture de fonction. 

«L’enjeu de sécurité revient souvent »

Certaines entreprises préfèrent se doter d’une flotte partagée grâce à laquelle les collaborateurs, sur réservation ou en libre-service, empruntent un vélo le temps d’un rendez-vous de travail, à proximité. «L’employeur détermine un catalogue et les services qui vont avec », explique Jean-François Dhinaux. Financement, garantie contre le vol et la casse, maintenance sur site, assistance et même des formations à la sécurité routière sont envisageables… Car «l’enjeu de sécurité revient souvent dans la bouche des employeurs », souligne le chef d’entreprise conscient de cette responsabilité. «Si ije sais qu’il y a un risque, je dois l’adresser, insiste ce loueur. Le meilleur moyen de se sécuriser, c’est d’équiper ses collaborateurs d’un vélo d’entreprise entretenu et de les former. » Les contrats de location qu’il signe courent sur trois ans au bout desquels le collaborateur peut racheter son vélo, ce qu’il fait huit fois sur dix. à ce jour, l’ensemble Azfalte-Vapaus opère une flotte de 30 000 vélos dans quatre pays européens, dont la France et dans toutes les régions. Certains grands sites industriels ne louent des vélos que pour se déplacer d’un point à l’autre. à côté des grands groupes, Azfalte attire des plus petites structures, dont la filiale française de l’italien Delonghi, fabricant d’appareils électroménagers, située à Clichy (Hauts-de-Seine) Sur les 60 salariés du siège français, une quinzaine roulent à vélo de fonction depuis 2024, en plus de leur voiture de société qu’ils utilisent pour des déplacements professionnels plus longs. «Les autres ont le forfait mobilité durable, d’un montant de 700 € par an », explique Julie Parant, responsable RH. Ses discussions avec Azfalte répondent à la démarche RSE d e l’entreprise. «Mais, note Jean-François Dhinaux, depuis neuf mois, les engagements durables sont loin d’être en haut de la pile des entreprises. » Heureusement, ce n’est pas le seul argument. «Il faut jouer sur les différentes motivations du vélo, poursuit-il. Celles liées aux économies face à la hausse du prix du carburant sont devenues prioritaires ; celles liées au bien-être et à la santé demeurent. » «On fait preuve d’agilité, explique-t-il en rongeant son frein. On pensait voir le marché doubler ou tripler tous les ans. ça progresse mais pas assez vite à mon sens » 

Le reste à charge pour le salarié est d’environ 100€ par mois, assurance et entretien compris.