En bref
- Le casque n’est obligatoire que pour les moins de 12 ans, conducteurs comme passagers (art. R431-1-3 du code de la route). Pour les adultes, il reste facultatif.
- L’amende est une contravention de 4e classe : 135 €, et elle est due par l’adulte qui transporte ou accompagne l’enfant, jamais par l’enfant.
- Un speed bike assistant au-delà de 25 km/h change de catégorie : casque homologué cyclomoteur, immatriculation et assurance deviennent obligatoires.
- Pour un employeur, la vraie question n’est pas le code de la route mais le code du travail : dès qu’il fournit le vélo, celui-ci devient un équipement de travail et le casque un équipement de protection à sa charge.
La question revient à chaque projet de flotte : faut-il un casque, et qui doit le payer ? La réponse tient en deux textes qui ne disent pas la même chose. Le code de la route ne l’impose qu’aux enfants. Le code du travail, lui, s’applique dès que l’entreprise met un vélo entre les mains d’un salarié, et il change complètement la donne. Voici les deux réponses, et ce qu’il faut mettre en place concrètement.
Ce que dit la loi : obligatoire avant 12 ans
Depuis le décret du 22 décembre 2016, entré en application le 22 mars 2017, l’article R431-1-3 du code de la route impose le port d’un casque à tout cycliste de moins de 12 ans. L’obligation vise aussi bien l’enfant qui conduit le vélo que l’enfant transporté, en siège ou en remorque. Le casque doit être attaché et homologué : la norme applicable est la EN 1078, signalée par le marquage CE.
Au-delà de 12 ans, aucune obligation légale. Un salarié adulte qui roule tête nue est parfaitement en règle vis-à-vis du code de la route, y compris sur un vélo fourni par son employeur.
L’infraction est une contravention de 4e classe. L’amende forfaitaire est de 135 €, minorée à 90 € en cas de paiement rapide et majorée à 375 € en cas de retard, avec un maximum théorique de 750 €. Point important : elle est mise à la charge de l’adulte qui conduit ou accompagne l’enfant, jamais de l’enfant lui-même.
Un autre équipement, souvent oublié, est lui bien obligatoire pour les adultes : le gilet rétro-réfléchissant, imposé par l’article R431-1-1 hors agglomération, la nuit ou lorsque la visibilité est insuffisante, pour le cycliste comme pour son passager.
Qui doit porter un casque, selon l’engin
| Situation | Casque | Précision |
|---|---|---|
| Cycliste de moins de 12 ans | Obligatoire | Conducteur ou passager, casque EN 1078 attaché |
| Cycliste de 12 ans et plus | Facultatif | Recommandé par toutes les autorités de santé publique |
| Vélo à assistance électrique jusqu’à 25 km/h | Facultatif | Juridiquement un vélo, mêmes règles |
| Speed bike (assistance jusqu’à 45 km/h) | Obligatoire | Catégorie cyclomoteur L1e-B : casque homologué moto, immatriculation, assurance et BSR ou permis AM |
| Salarié sur un vélo fourni par l’entreprise | Selon le code du travail | Voir la section suivante : ce n’est plus le code de la route qui commande |
Le cas du speed bike mérite une alerte pour les entreprises qui équipent des commerciaux ou des techniciens itinérants. Dès que l’assistance dépasse 25 km/h, l’engin n’est plus un vélo au sens du code de la route : un casque vélo EN 1078 ne suffit plus, il faut un casque homologué cyclomoteur, et l’engin doit être immatriculé et assuré. Les pistes cyclables lui sont fermées.
Ce que change un vélo fourni par l’entreprise
C’est le point que les guides grand public n’abordent jamais, et c’est pourtant celui qui engage l’employeur. Le focus juridique de l’INRS sur le vélo au travail est clair : un vélo mis à disposition par l’entreprise est un équipement de travail. À ce titre, l’employeur doit prendre toutes les mesures pour en assurer un usage sûr et mettre à disposition les équipements de signalisation et de protection individuelle nécessaires, l’INRS citant expressément l’éclairage, les réflecteurs, le gilet et le casque.
Ce raisonnement découle de l’article L4121-1 du code du travail, qui oblige l’employeur à prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé de ses salariés : prévention des risques, information, formation, organisation et moyens adaptés. Le risque routier fait partie des risques à évaluer dans le document unique, et l’arrivée d’une flotte de vélos est précisément le moment de le mettre à jour.
Retenez la bascule : le code de la route dit ce que le cycliste doit faire, le code du travail dit ce que l’employeur doit fournir. Le casque n’est pas obligatoire pour un adulte, mais l’employeur qui fournit le vélo sans fournir le casque laisse une case vide dans sa prévention. Ce n’est pas une infraction, c’est une faiblesse qui se paiera le jour d’un accident.
Trajet domicile-travail ou déplacement professionnel : deux régimes
La distinction structure toute la question, et elle est mal connue.
Un salarié qui se déplace à vélo pour le compte de l’entreprise, hors de son lieu habituel de travail, est en mission. Un accident survenu dans ce cadre relève du régime des accidents du travail, et l’obligation de sécurité de l’employeur s’applique pleinement (art. L411-1 du code de la sécurité sociale).
Un salarié qui rentre chez lui à vélo est sur un trajet. L’accident est indemnisé comme accident de trajet au titre de l’article L411-2, mais l’INRS le précise clairement : l’employeur n’est pas formellement tenu de garantir la protection du salarié pendant ce trajet au titre de son obligation générale de sécurité. Cela ne le dispense pas d’agir, cela délimite sa responsabilité juridique.
Cette frontière est celle que nous détaillons dans notre guide de la responsabilité de l’employeur face aux nouvelles mobilités, qui traite l’ensemble des cas, assurance comprise.
L’employeur peut-il imposer le casque ?
Oui, mais pas partout, et pas n’importe comment.
Sur les déplacements professionnels effectués avec un vélo fourni par l’entreprise, l’employeur peut imposer le port du casque comme une consigne de sécurité, par note de service annexée au règlement intérieur. Le fondement est solide : le vélo est un équipement de travail, le casque un équipement de protection, et l’employeur est tenu d’organiser un usage sûr.
Sur le trajet domicile-travail, la marge est bien plus étroite. L’article L1321-3 du code du travail interdit au règlement intérieur d’apporter aux droits des personnes des restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché. Un trajet personnel, effectué en dehors du temps de travail, se prête mal à une obligation contraignante assortie de sanctions. La voie praticable est l’incitation : équipement fourni, information, formation, exemplarité de l’encadrement.
En pratique, la règle qui tient devant un juge comme devant les salariés est celle-ci : casque imposé en mission, casque fourni et recommandé sur le trajet.
Qui paie le casque ?
Quand le casque est un équipement de protection lié à un vélo fourni par l’entreprise, la réponse est sans ambiguïté : l’employeur. L’article L4122-2 du code du travail pose que les mesures prises en matière de santé et de sécurité au travail ne doivent entraîner aucune charge financière pour les travailleurs. Facturer le casque au salarié, ou le déduire de son salaire, n’est pas une option.
Quand le salarié roule sur son propre vélo, l’employeur n’a pas d’obligation de l’équiper, mais il dispose d’un levier fiscal simple : le Forfait Mobilités Durables couvre l’achat et l’entretien d’un vélo personnel ainsi que ses équipements, casque et antivol compris, dans la limite de 600 € par an et par salarié exonérés de cotisations et d’impôt, portés à 900 € en cas de cumul avec la prise en charge d’un abonnement de transports publics. Le fonctionnement complet du dispositif est décrit dans notre guide du Forfait Mobilités Durables.
Enfin, quand le vélo est fourni en vélo de fonction, le plus simple reste d’intégrer casque, antivol et gilet au pack dès la commande : l’équipement est traité comme le vélo, sans ligne budgétaire séparée ni avance de frais par le salarié.
Mettre en place une politique casque en quatre étapes
- Mettez à jour le document unique. L’arrivée de vélos dans l’entreprise ajoute un risque routier à évaluer. C’est la pièce que l’inspection du travail et l’assurance regarderont en premier après un accident.
- Équipez avant d’exiger. Casque EN 1078 à la bonne taille, gilet rétro-réfléchissant, éclairage et antivol fournis avec le vélo. Une consigne de port sans équipement fourni ne tient pas.
- Écrivez la règle. Note de service : casque obligatoire sur les déplacements professionnels, recommandé sur les trajets domicile-travail. Une page suffit, à condition qu’elle distingue les deux cas.
- Formez, puis mesurez. Une session de remise en selle et de sécurité routière fait plus pour le port du casque qu’une note de service seule. Suivez ensuite deux indicateurs simples : le taux de port observé et le nombre d’incidents déclarés.
Trois erreurs fréquentes
Croire que « non obligatoire » veut dire « pas notre affaire ». Le code de la route ne dit rien de l’employeur, mais le code du travail s’applique dès la première mise à disposition d’un vélo. L’absence d’obligation pour le cycliste adulte ne crée aucune dispense pour l’entreprise.
Imposer le casque partout, y compris sur le trajet personnel. Une consigne trop large est fragile juridiquement et mal reçue par les salariés. Distinguer mission et trajet coûte une phrase et sécurise la règle.
Équiper des speed bikes comme des vélos. Un engin qui assiste jusqu’à 45 km/h relève du régime cyclomoteur : casque homologué moto, immatriculation, assurance, autorisation de conduire. Une flotte constituée sans cette vérification place l’entreprise et ses salariés en infraction.
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Le casque à vélo est-il obligatoire en France ?
Uniquement pour les moins de 12 ans, conducteurs comme passagers, en application de l’article R431-1-3 du code de la route. Au-delà de 12 ans, le casque est facultatif mais recommandé. Le casque doit être homologué à la norme EN 1078 et correctement attaché.
Quelle amende en cas d’absence de casque pour un enfant ?
Une contravention de 4e classe : 135 € d’amende forfaitaire, minorée à 90 € en cas de paiement rapide, majorée à 375 € en cas de retard, avec un maximum de 750 €. Elle est mise à la charge de l’adulte qui conduit ou accompagne l’enfant, jamais de l’enfant lui-même.
Un employeur peut-il obliger ses salariés à porter un casque ?
Sur les déplacements professionnels effectués avec un vélo fourni par l’entreprise, oui : le casque relève alors des équipements de protection et la consigne peut figurer dans une note de service annexée au règlement intérieur. Sur le trajet domicile-travail, la marge est bien plus étroite : l’article L1321-3 du code du travail exige que toute restriction soit justifiée par la nature de la tâche et proportionnée. La voie recommandée est l’équipement fourni et l’incitation.
Qui doit payer le casque d’un salarié à vélo ?
Lorsque le vélo est fourni par l’entreprise, le casque est un équipement de protection et il est à la charge de l’employeur : l’article L4122-2 du code du travail interdit que les mesures de santé et sécurité entraînent une charge financière pour les travailleurs. Lorsque le salarié roule sur son vélo personnel, l’employeur peut financer casque et antivol via le Forfait Mobilités Durables, exonéré jusqu’à 600 € par an et par salarié.
Le casque est-il obligatoire sur un vélo électrique ?
Sur un vélo à assistance électrique classique, bridé à 25 km/h, non : il est juridiquement assimilé à un vélo, donc obligatoire seulement avant 12 ans. Sur un speed bike qui assiste jusqu’à 45 km/h, oui : l’engin relève de la catégorie cyclomoteur, ce qui impose un casque homologué moto, une immatriculation, une assurance et le BSR ou le permis AM.
Un accident de vélo sur le trajet domicile-travail engage-t-il l’employeur ?
Il est indemnisé comme accident de trajet au titre de l’article L411-2 du code de la sécurité sociale, mais l’INRS précise que l’employeur n’est pas formellement tenu de garantir la protection du salarié pendant ce trajet au titre de son obligation générale de sécurité. En revanche, un accident survenu pendant un déplacement professionnel relève des accidents du travail et engage pleinement cette obligation.