Démobilité et mobilité : les nouveaux enjeux de la relation au travail

Dans ce webinaire du 1er avril 2021, nous avions le plaisir d’accueillir Bruno Marzloff, sociologue spécialiste des questions de mobilité, et Martin Slauer, co-fondateur de Slean. Nous décryptons dans un premier temps l’évolution des organisations du travail et des nouveaux modes de collaboration à distance. Puis nous découvrons ensemble les enjeux liés au télétravail, à la démobilité et la nouvelle approche de la mobilité d’entreprise.

Les dérives des mobilités de ces dernières décennies

L’écartèlement entre le domicile et le lieu de travail

Bruno Marzloff souhaite corréler la question du travail et ce qu’il surnomme la “bullshit mobilité” en désignant l’éternelle extension de la mobilité, inscrite dans une inflation structurelle de nos sociétés. Pour preuve, la population française a crû de 50 % depuis 1950 et la mobilité, en termes de kilomètres parcourus, a augmenté 20 fois plus vite.

D’où vient ce phénomène ?

Il est notamment dû à un écartèlement croissant entre le domicile et le lieu de travail. Pour l’illustrer : les actifs de la seconde couronne parisienne ont en moyenne 2h20 de déplacements par jour pour se rendre et revenir du travail. 

Cet étirement de l’espace temps est le premier effet d’un modèle dominé par la voiture individuelle. Il va à l’encontre d’une règle essentielle dont nous nous sommes départis : travailler là où nous vivons. Ce lien entre le domicile et l’emploi a été étendu à outrance, et nous réalisons aujourd’hui les impacts en termes de santé, d’équilibre social et d’environnement.

 

Un trafic congestionné

Nous avons cru annihiler la distance générée par l’écartèlement domicile-travail grâce aux progrès de la vitesse et de l’automobile.

Néanmoins, l’organisation du travail, en place depuis un siècle, est soumise à ce que l’on pourrait qualifier de rythmes fordistes. Autrement dit, tout le monde embauche et débauche aux mêmes heures, ce qui est la cause essentielle des congestions, des pointes de trafic et de tous les excès attenants.

Les travailleurs indépendants l’ont compris car ceux qui disposent des moyens de s’en affranchir s’organisent autrement. Quand ils le peuvent, ils adaptent également leur localisation résidentielle. Cela n’est néanmoins pas permis à tous.

 

Les récentes évolutions de l’organisation et de la mobilité du travail

Gérer des agendas flexibles et réduire les distances entre le travail et le domicile a été progressivement rendu possible. Un certain nombre de travailleurs s’en sont saisis dès la massification des pratiques numériques, pour autant qu’ils en aient la capacité.

À partir du 15 mars 2020, toutes les personnes susceptibles de travailler à distance -environ 30 % des actifs- en ont fait de même. Plus de 80 % d’entre eux n’ont pas rencontré de véritables difficultés. Il y a eu quelques ajustements mais on a surtout observé une adaptation spontanée à ces nouvelles formes de travail.

Le travail n’a d’ailleurs pas été le seul remis en cause. La surprise a été de constater que, si au 1er mars 2020, la télé-consultation à distance était quasiment nulle, un mois après, elle était déjà à 20 %. Cela prouve bien notre appétence à régler des problèmes à distance. On peut aussi évoquer la croissance considérable du e-commerce.

En parallèle, on observe une transformation assez considérable du côté de l’offre de transport avec une accélération extrêmement puissante des mobilités de proximité : la marche, le vélo et d’autres micro-mobilité. Nous serions à une augmentation de 30 % en moyenne du trafic vélo, et encore plus pour la marche. 

Ce résultat perdure un an après et perdurera -on peut en faire le pari- après la fin de ce virus, avec une intensité dont on ne sait rien aujourd’hui. Toutefois, ce qui est certain, comme Bruno Marzloff l’annonçait dans un interview des Echos au mois d’avril de l’an passé : on ne fera pas marche arrière là-dessus. Il y aura des réglages, mais le travail à distance est rentré dans une forme d’institutionnalisation.

 

Qu’est-ce que la démobilité ?

Le concept de démobilité existe depuis 2009. Bruno Marzloff l’aborde notamment dans son ouvrage Sans bureau fixe de 2013, qui réfléchissait déjà aux questions actuelles de démembrement du travail.

Ce concept n’est pas synonyme de décroissance. Il s’agit d’abord d’une autre manière d’habiter avant d’être une autre manière de bouger. Ce principe est en phase avec les attentes de la population qui privilégie la proximité et envisage son bassin de vie en fonction justement de cette volonté de calmer les déplacements motorisés.

Cela peut paraître égoïste mais cette intention participe tout de même à l’intérêt général étant donné les séquelles liées à cette inflation des mobilités.

En somme, travail à distance et mobilité de proximité convergent aujourd’hui pour faire admettre un autre modèle d’habiter et une nouvelle organisation du travail.

 

Le télétravail et la démobilité ont-ils atteint leur équilibre ?

Même si le mouvement est vraiment engagé, nous en sommes encore loin. Le travail à distance n’a pas encore défini ses équilibres entre le présentiel et le distanciel, entre l’autonomie du travailleur et la volonté de contrôle de l’entreprise. Mais l’obstacle principal à surmonter c’est de faire admettre aux entreprises que la mobilité afférente à tout travail soit constitutive de l’activité professionnelle et, qu’à ce titre, elle en impacte la qualité.

Ce n’est que dans la compréhension globale de cette nouvelle organisation du travail et des démobilités que les bénéfices se feront ressentir. Bénéfices d’une part, de qualité de vie au travail, de productivité pour l’entreprise et d’intérêt général d’apaisement de l’espace public et de réduction des séquelles nocives de cet abus de mobilité.

 

Quel est l’avenir du travail à distance ?

Le télétravail a clairement montré ses limites lors du confinement : la proximité des enfants, le besoin de trouver des espaces pour travailler respectivement au sein du domicile, l’isolement, etc. 

Ce n’est donc pas exactement l’avenir du travail à distance. Même si le domicile a une place, ce n’est qu’une place parmi d’autres au sein d’un bassin de travail. La topographie sera propre à chacun, au fonctionnement de chaque entreprise, à sa cohérence et volonté d’organiser la communauté.

Cela suppose un certain nombre de concertations et d’ajustements. Ce sera long mais on sait déjà que l’immobilier des bureaux a entamé sa mue. Les bénéfices immédiats se mesurent en réduction de loyers et en gains de productivité. Certaines entreprises n’ont déjà plus de siège du tout. 

Il restera cependant toujours des lieux, des escales pour se rassembler dans l’entreprise. Nous ne savons pas encore très bien ce que sera la distribution des temps de travail dans ces différentes escales. Une récente étude de l’Essec montre que les employés se projettent déjà dans la moitié du temps de travail hors entreprise. Reste à déterminer le temps passé à domicile, le temps passé dans des espaces types coworking, fab lab, etc. Ce phénomène va s’inventer au fil du temps mais aussi au fil de ce que les innovateurs vont pouvoir proposer comme nouveaux espaces.

Cette évolution appelle mécaniquement une autre mobilité. Il appartient aux donneurs d’ordres du travail d’accompagner le mouvement, tant du côté du statut du travail, que des concertations entre l’employeur et l’employé, ou dans la gestion des mobilités afférentes. 

Il appartient aux autorités organisatrices de donner le cadre juridique de ce travail et de favoriser les infrastructures de ces nouvelles mobilités. Il appartient également aux entreprises innovantes comme Azfalte d’apporter des éléments de réponse. Enfin, il appartient aux organisations comme l’association présidée par Bruno Marzloff, la Fabrique des Mobilités, de : 

  • Réfléchir à la question du cadre dans lequel ces innovations peuvent se mettre en place.
  • Partager des bonnes pratiques en open source.
  •  

Plusieurs lieux de travail pour différents objectifs

Nous sommes désormais en plein dans le “futur du travail” tel qu’on l’imaginait avant la pandémie : les modèles qui vont désormais être adoptés massivement par les entreprises seront hybrides. Le 100% télétravail ou le 100% présentiel ne sera que marginal. Le vrai sujet est à présent : comment créer une expérience de travail ?

À partir d’aujourd’hui, nous allons nous rendre à différents endroits de travail, pour différents objectifs, là où avant, nous ne nous posions pas de questions. Nous faisions 9h-18h au bureau, en faisant tous les matins et soirs 40 minutes de trajet. 

Aujourd’hui, la maison est favorisée pour la concentration et la productivité tandis que les bureaux de l’entreprise sont privilégiés pour tout ce qui est collaboration, lien social et culture d’entreprise. C’est en effet beaucoup plus facile de transmettre une culture d’entreprise au bureau ou dans un tiers lieu. Il peut par exemple s’agir d’un coworking ou d’un hôtel. Ce dernier type d’établissement est en train de se transformer, comme le constate Slean qui équipe de plus en plus les hôtels vers du coworking. 

 

Le télétravail vu par les salariés

Voici les résultats d’une étude menée par Slean fin janvier 2021 auprès de 650 personnes :

Parmi les inconvénients plébiscités, on observe le débordement de la vie professionnelle sur la vie personnelle. La maison devient le lieu de travail. Il n’existe plus la coupure du transport, qui permettait de savourer l’arrivée à la maison et la déconnexion du travail.

Un autre point qui intéresse plus particulièrement Slean : le manque de confort. La majorité des gens ne faisaient pas de télétravail auparavant, donc n’étaient pas équipés pour travailler confortablement à la maison durant 8 heures par jour plusieurs jours, comme l’attestent les données ci-dessous.

 

Le défaut d’équipement en télétravail

Encore 43% des salariés travaillent soit sur le canapé, soit sur la table à manger ou dans leur lit. Cela engendre des problématiques de mal de dos et d’impact sur la concentration et la productivité. Même parmi ceux qui sont installés, 55 % se plaignent d’avoir mal au dos (cf ci-dessous).

C’est donc un sujet de santé, de confort mais aussi de productivité. Comment puis-je être totalement productif et créatif si je souffre, si j’ai des douleurs ? 

Slean répond à cette problématique en apportant du mobilier à la fois adapté au télétravail pendant toute une journée (et non quelques heures), et à la fois esthétique et pratique au sein d’un domicile. En effet, la plupart des individus n’investissent pas dans du mobilier professionnel, plus gros, moins joli, afin de ne pas dénaturer leurs espaces. La startup accompagne des douzaines d’entreprises, des milliers de collaborateurs à améliorer leurs conditions de télétravail.

L’impact des conditions de travail sur la marque employeur

En dehors du mobilier, il est important d’adopter les bons réflexes pour sa santé :

  • Travailler debout et ne pas rester assis toute la journée
  • S’hydrater régulièrement
  • Bien régler son siège

85 % des répondants de l’enquête Slean attendent de l’employeur une aide à l’équipement et de l’accompagnement. 

Slean aide justement les entreprises à créer une expérience unique. Une plateforme avec l’ensemble des produits est mise à disposition pour que les salariés puissent choisir le modèle et la couleur, puis être livrés chez eux en 48 heures.

L’impact sur la marque employeur est réel : le sujet du bien-être collaborateur à la maison touche les gens quotidiennement. Leur offrir un bon espace de travail a un impact direct sur leur santé mais aussi sur leur engagement. Ils sont susceptibles d’en parler autour d’eux et d’augmenter l’attractivité des talents.


Les nouvelles approches de la mobilité des collaborateurs

Les résultats du baromètre Azfalte ci-dessous révèlent que développer une nouvelle approche de la mobilité des collaborateurs est une priorité importante pour les entreprises, en particulier suite à la pandémie.

Le Starter Pack Azfalte

Depuis avril 2021, Azfalte a lancé une offre permettant aux entreprises et à leurs collaborateurs de tester, simplement et sans engagement, leur appétence pour le vélo de fonction.

Le Starter Pack vous met à disposition plusieurs vélos (5 ou 10 ou plus, selon vos besoins) de différents types pour un forfait mensuel résiliable à tout moment. L’occasion de déployer une démarche en entreprise simplement et efficacement pour découvrir les différents formats de vélo de fonction en situation réelle. 

Ce n’est pas fini ! Découvrez toutes les questions de nos auditeurs et les réponses apportées par Bruno Marzloff, Martin Slauer et Jean-François Dhinaux dans le replay vidéo.

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